routes futur

En attendant de voir se réaliser le rêve hypothétique de voler à bord de son propre véhicule, les routes terrestres ont encore un bel avenir devant elles. Quelles sont les technologies de demain ? Et dans quels délais pourrons-nous les tester ? 

Du chemin de terre aux autoroutes, en passant par la voie romaine et le macadam : l’histoire de la mobilité a déjà connu quatre générations de routes. Quelle sera la cinquième ? La réponse se trouve peut-être dans l’un des projets que les chercheurs mènent actuellement.

L’énergie au cœur des recherches

L’énergie est au centre de nombreux projets de routes du futur. En 2016, une « route solaire », recouverte de dalles photovoltaïques, a ainsi été testée à Tourouvre-au-Perche (Normandie). L’idée était alors de démontrer que les routes peuvent s’insérer dans un cycle de développement durable, en emmagasinant de l’énergie solaire pour alimenter le réseau électrique public.

Un autre type de route solaire pourrait permettre d’aller plus loin. En effet, l’IFSTTAR (Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux) met au point une « route solaire hybride ». Celle-ci permettrait notamment d’alimenter les véhicules électriques en temps réel, d’éclairer des parties de route stratégiques, de transmettre des informations… Des capteurs « intelligents » pourraient même repérer les déformations de la chaussée !

Chauffée en hiver, refroidie en été ?

Moduler la température de la route pour améliorer le confort et la sécurité des usagers ? l’IFSTTAR teste un fluide qui s’insèrerait sous la chaussée. En été, celui-ci récupèrerait la chaleur pour la transformer en énergie. En hiver, la chaussée pourrait être réchauffée pour éviter la formation de gel…

Réduire les nuisances sonores

nuisances sonores vehiculeEnviron 2 millions de riverains d’infrastructures de transports terrestres souffriraient du bruit quotidiennement. Aujourd’hui, lors de la construction de nouvelles routes, des dispositions réglementaires doivent être appliquées, afin d’atténuer le bruit au maximum. Mais la route du futur pourrait-elle être totalement silencieuse ? Dans le cadre d’un programme de recherche européen, une équipe danoise a étudié la question et testé un revêtement élastique, composé de pneus usagés, de granit et de colle. Cette route innovante absorberait une partie des bruits issus du frottement entre le pneu et la chaussée. Les résultats seraient comparables à la présence d’un mur anti-bruit de 3 mètres installé aux abords de la route.

Autoroute A4 : une route anti-bruit à l’essai…

Depuis juin 2017, une portion de l’autoroute A4 située entre Charenton et Saint-Maurice (Val-de-Marne), bénéficie d’un revêtement anti-bruit de nouvelle génération. Ce projet, mené par la Direction des routes (Dirif) et la région Ile-de-France, permettrait de diviser par trois le bruit environnant. Si les mesures sont concluantes, la région pourrait financer d’autres travaux de ce type.

Des routes respectueuses de l’environnement

Quel que soit le type de revêtement qui équipera nos voies de demain, il devrait être davantage tourné vers le développement durable. Les mélanges d’hydrocarbures fossiles utilisés actuellement pourraient laisser place à des liants biologiques, comme des dérivés de micro-algues. Certains chercheurs se sont même penchés sur le recyclage des bitumes actuels ou encore sur l’utilisation de déchets ménagers…
En attendant, il existe déjà des bitumes innovants, dits de « régénération », adaptés aux opérations de recyclage. Leur composition les rend beaucoup plus résistants que les bitumes traditionnels (pour en savoir plus, consultez www.bitume.total.fr).

« L’ultra-connexion » au service de la mobilité

Dans un futur encore plus lointain, les réseaux fixes et mobiles permettront la transmission instantanée de quantités pharaoniques de données. Une aubaine pour la mobilité dans son ensemble : cette « ultra-connexion » permettra non seulement aux véhicules de communiquer entre eux, mais aussi avec la route.
On peut imaginer que toutes les données mesurables (nombre et modèles de véhicules présents sur la chaussée, vitesse, conditions météo…) pourront être collectées et analysées. Ainsi, il serait possible de réguler le trafic, de supprimer les embouteillages ou encore d’éviter tout risque d’accident et de dépassement de vitesse

Au-delà des défis technologiques, d’autres questions se posent quant au déploiement à grande échelle des routes innovantes. Choix d’une technologie pouvant être déployée à l’échelle nationale, coûts de production… Les routes du futur arriveront tôt ou tard, mais difficile de prédire à quel moment !

La route du futur vue par Total

Lors du dernier meeting « Eurobitume France » de Paris, en juin dernier, Philippe Charleux, directeur des Lubrifiants et Spécialités chez Total, a évoqué l’évolution de l’activité du bitume et des investissements sur le court terme des routes du futur. 
 
« Cette route exigerait de nouvelles formes de partenariats, de recherche, de coordination entre différentes activités industrielles (fibre, panneaux solaires, capteurs, bitumes) et de services, commente Fabrizio Menghini, responsable communication à la Direction bitumes du groupe. La route de 5e génération sera intelligente, aux services des hommes. Elle se projette sur des critères de qualité, mobilité,  fonctionnalité, interactivité. La signalétique et l’énergie qui interagiront la rendront plus sûre. »

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