De plus en plus, les technologies automobiles « prennent la place des conducteurs », tout en améliorant grandement la sécurité. Mais peut-on réellement s’y fier ?

Avec le régulateur de vitesse, le système d’alerte de franchissement de ligne ou encore les détecteurs d’angle mort, de risque de collision ou de somnolence, les automobilistes ne sont plus « seuls » au volant. Améliorant la sécurité de tous les usagers de la route, ces technologies, qui ont fait leurs preuves en contribuant à diminuer le nombre et la gravité des accidents, ne sont pourtant que les premières d’une longue série de progrès qui devraient changer progressivement les habitudes des conducteurs.

Si la Google Car symbolise aujourd’hui la voiture autonome avec 800 000 kilomètres parcourus sans intervention humaine et sans provoquer d’accident (au Nevada, en Floride, en Californie et au Michigan), elle n’est pas le seul projet ambitieux en cours de développement. Sur les routes, les premières voitures autonomes commercialisées devraient voir le jour avant 2025 et pourraient représenter 12 % du marché mondial en 2035, selon une étude de l’ISH Automotive. Zéro accident, diminution de la pollution de l’air et des consommations, trafic fluidifié… les projets ont de quoi séduire les gouvernements, très volontaires sur la question, mais aussi les conducteurs et les entreprises. 

L’autonomie dès maintenant

  • Freinage d’urgence autonome : Plusieurs constructeurs proposent déjà des systèmes de freinage automatique d’urgence autonome (AEB). A l’approche d’un obstacle détecté par un radar ou une technologie de type lidar (télédétection par laser), ce système va enclencher un puissant freinage pour éviter l’accident. Il permet également d’en réduire la gravité s’il ne peut être évité, en préparant le véhicule et les dispositifs de retenue à l’impact. De quoi améliorer grandement la sécurité active des véhicules…
  • Des voitures qui se garent toutes seules : Afin d’aider les conducteurs lors de leurs créneaux, les constructeurs et équipementiers ont développé des systèmes de parking automatique. Caméras et capteurs ultra-sons guident le véhicule pour qu’il se gare sans intervention du conducteur. Même si l’accélération et le freinage sont encore gérés par ce dernier dans la plupart des versions commercialisées, des projets prévoient des véhicules capables de manœuvrer sans être humain derrière le volant. Et en 2025, l’automatisation pourrait aller encore plus loin avec des voitures capables de circuler dans les parkings pour trouver une place libre et s’y garer, puis revenir récupérer le propriétaire sur simple demande transmise par smartphone.
  • Conduite automatisée sur autoroute : Avant de pouvoir emprunter tous les types de routes, y compris en ville, les voitures autonomes « prendront le volant » sur autoroute dans un premier temps. Avec une trajectoire linéaire et avec moins d’éléments à prendre en compte (piétons et cyclistes, feux tricolores, priorités à droite…), cette étape est pour l’instant technologiquement plus abordable. De nombreux tests grandeur nature se multiplient dans le monde, avec le soutien des autorités et des organismes de certification locaux.

La responsabilité en question

La perspective des véhicules autonomes sans intervention humaine nécessaire laisse planer un doute… et pas des moindres ! Qui sera responsable en cas d’accident ? Le « conducteur » assis derrière le volant, les industriels (constructeur et équipementier) ou le gouvernement qui aura homologué un système défectueux ? Selon l’article 13 de la convention de Vienne sur la circulation routière, signée le 8 novembre 1968, « tout conducteur de véhicule doit rester, en toutes circonstances, maître de son véhicule, de façon à pouvoir se conformer aux exigences de la prudence et à être constamment en mesure d’effectuer toutes les manœuvres qui lui incombent ». Mais en 1968, les voitures qui roulaient toutes seules n’étaient encore que de la science-fiction…

 


Commentaires (2)

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  1. Vincent de Norvécourt

    Pour beaucoup dont je fais partie, conduire est un plaisir, la voiture autonome ne nous le volera pas ! Il suffit déjà de voir combien les boîtes auto rendent la conduite sans âme…

  2. Louis-Marie Bernie

    On peut se rassurer en se disant que si tout le monde roule en voiture autonome il n’y aura plus besoin de limitations!

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