En décembre 2010, le nombre de morts sur les routes de France passait, pour la première fois, sous la barre des 4000 victimes. Une baisse encourageante, rapidement assombrie par une hausse alarmante des accidents de la route au cours du premier semestre 2011. Pour enrayer ce phénomène, le gouvernement a donc décidé de renforcer son dispositif de répression routière. Suppression des panneaux avertisseurs de radars, déploiement de motos-radars, généralisation des PV électroniques, durcissement des sanctions associées aux excès de vitesse : autant de mesures destinées à faire évoluer le comportement des conducteurs et à atteindre l’objectif que l’Etat s’est fixé, à savoir, « passer sous la barre des 3 000 morts sur les routes de France en 2012 ». A quoi devez-vous donc vous attendre d’ici fin 2011 ? 

Sécurité routière : état des lieux 2011

Le mois d’avril 2011 a marqué une véritable progression de la mortalité sur les routes de France, constatée depuis janvier 2011. Pour enrayer cette montée en puissance de l’accidentalité routière, le Premier Ministre a convoqué début mai un Comité Interministériel de la Sécurité Routière (CISR).Suppression des panneaux avertisseurs de radars, durcissement des sanctions liées aux excès de vitesse et à l’utilisation du téléphone portable au volant… Voici les mesures auxquelles vous devez vous attendre. 

Mois d’avril meurtrier 

En avril 2011, 355 personnes ont été tuées, soit 59 personnes de plus qu’en avril 2010. Sur le premier trimestre 2011, la mortalité routière a atteint près de 12,8 % : un constat qui confirme la tendance inquiétante enregistrée depuis le début de l’année. Pour faire face à cette situation, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant, a donc décidé de : 

  • renforcer la présence de la police et de la gendarmerie sur l’ensemble des axes routiers et autoroutiers du territoire national, 
  • multiplier les contrôles. 

Lutte renforcée contre les excès de vitesse 

Considérés comme la cause principale d’accidents de la route, les excès de vitesse sont dans la ligne de mire des nouvelles mesures décidées lors du CISR du 11 mai 2011 : 

  • les excès de vitesse de plus de 50 km/h sont désormais considérés comme des délits et ce, dès la première infraction, 
  • l’utilisation d’avertisseurs de radars est désormais interdite, 
  • les panneaux indiquant la présence de radars fixes sont progressivement supprimés et remplacés par 1 000 radars pédagogiques d’ici fin 2012, 
  • la carte d’implantation des radars n’est plus rendue publique. 
A noter ! 
Le 24 mai 2011, le gouvernement a décidé de suspendre momentanément la suppression des panneaux avertisseurs de radars jusqu’à la mise en place d’une concertation locale (fin août). À terme cependant, la suppression de la signalisation systématique des radars sera bel et bien entérinée.

Amendes électroniques et radars mobiles 

Aujourd’hui, les excès de vitesse relevés par les 1 700 radars automatiques génèrent automatiquement des procès-verbaux électroniques (PVE), envoyés directement à leur destinataire. Le gouvernement entend généraliser ce dispositif à l’ensemble des infractions routières commises sur le territoire national. Ainsi, les policiers et les gendarmes seront progressivement dotés d’appareils numériques portables, de tablettes PC ou de terminaux informatiques embarqués pour verbaliser les conducteurs en infraction. En parallèle, des radars mobiles de nouvelle génération vont être expérimentés après une campagne de tests prévue cet été. Ces nouveaux systèmes de sanction permettront de contrôler la vitesse des usagers à partir de véhicules en circulation (voitures, motos), ou semi-mobiles. Correctement camouflés, ces radars pourront flasher les motards et les automobilistes en toute discrétion. 

Le téléphone au volant sévèrement sanctionné 

En France, près d’un accident de la route sur dix est associé à l’utilisation du téléphone au volant. Tenu en main, le téléphone au volant fera l’objet d’une contravention de 4e classe (au lieu de la 2e classe), donnant lieu à un retrait de trois points du permis de conduire (au lieu d’un retrait de deux points). En partenariat avec les professionnels de téléphonie mobile, des solutions techniques seront cependant développées pour permettre de limiter les conversations téléphoniques au volant. En parallèle de ces mesures, le gouvernement aggrave les sanctions liées à la conduite d’un véhicule avec un appareil à écran en fonctionnement dans le champ de vision du conducteur (autres qu’aide à la conduite et à la navigation type GPS) : retrait de trois points et amende de 1 500 euros (l’amende forfaitaire pour ce type d’infraction est aujourd’hui de 135 euros et le retrait de deux points). Les contrevenants s’exposeront aussi à la saisie de l’appareil à écran. 

Le kit mains libres, aussi dangereux que le téléphone tenu en main 
Selon une étude réalisée par l’Institut Français des Sciences et Technologies des Transports, de l’Aménagement et des Réseaux (IFSTTAR) et l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), téléphoner au volant détourne l’attention et provoque 10 % des accidents corporels.

L’alcool pointé du doigt 

D’autres mesures ont enfin été décidées dans le cadre du CISR pour lutter contre l’excès d’alcool au volant : 

  • la simplification de la prise de sang pour vérifier la présence d’alcool et de stupéfiant,
  • le développement de l’usage de l’éthylotest anti-démarrage,
  • l’augmentation des sanctions liées à l’alcoolémie au volant.

 

Prévention routière en Europe

Comment se situe la France par rapport à ses voisins européens ? Quelles réglementations existent dans les autres pays ? Petit tour d’horizon des pratiques européennes. 

Sécurité routière : un engagement européen

D’une manière générale, les réglementations des pays européens tendent à s’homogénéiser. Ceinture de sécurité, interdiction du téléphone portable, contrôle de la vitesse… Les systèmes de permis à points se généralisent également. Dans certains pays comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni, cette législation est même très ancienne. D’une manière générale, les autres pays de l’Union européenne possèdent des limitations de vitesse équivalentes à la France. Pour les autoroutes, les limitations varient entre 120 et 130 km/h. En Allemagne, certaines portions d’autoroute ne sont pas réglementées. En Italie, certaines voies autorisent de rouler jusqu’à 150 km/h. Enfin, concernant l’alcoolémie, la limitation est variable selon les pays et varie entre 0 et 0,8 g/L. 

Et les radars ? 

Les pays européens ne sont pas exempts de ce système de répression. Voici quelques exemples de nos confrères européens… 

  • En Belgique : les axes routiers sont dotés de radars de haute technologie ainsi que de systèmes capables de calculer la vitesse moyenne d’un véhicule sur plusieurs kilomètres et de le sanctionner s’il a été trop rapide. 
  • En Angleterre : les nombreux radars fixes et radars de feux rouges (plus de 6 000) constituent un élément essentiel de la politique de sécurité routière du Royaume-Uni. Les appareils sont peints en jaune clair, bénéficient de panneaux de signalisation et les véhicules de contrôles mobiles sont marqués. 
  • En Espagne : le nombre de caméras fixes est très inférieur aux autres pays de la communauté européenne mais, depuis l’année 2005, il a tout de même doublé. Cette tendance devrait se poursuivre jusqu’en 2012. 

Infractions au code de la route 

En cas d’infraction routière sur un sol étranger, l’amende est souvent exigible immédiatement. Faute de paiement immédiat, le véhicule peut être immobilisé. Dans certains cas, le permis peut être suspendu. Il sera alors expédié soit à la Préfecture ayant émis le permis, soit au domicile du conducteur. Enfin, pour certaines infractions, la mise en fourrière est quasi-systématique.

Depuis décembre dernier, une nouvelle directive adoptée par les 27 pays européens facilite les poursuites transfrontalières. Désormais, tout État membre devra communiquer, à la demande de l’État, le lieu où l’infraction a été commise ainsi que les informations sur les propriétaires des véhicules identifiés par les radars. 

A noter : le permis de conduire français est reconnu dans tous les pays membres de l’Union Européenne, la Croatie et la Suisse. Un permis de conduire européen unique verra le jour d’ici les vingt prochaines années pour remplacer les permis de conduire aujourd’hui en circulation.

 

Prévention routière en entreprise 

Au sein de l’entreprise, il est possible d’agir pour améliorer la conduite de vos collaborateurs. Voici quelques exemples de bonnes pratiques. 

Réaliser un diagnostic routier 

L’analyse des constats amiables et des déclarations d’accidents liées à la flotte de l’entreprise permet d’identifier les accidents les plus fréquents des salariés. Pour renforcer cette recherche, il est conseillé de réaliser également des entretiens personnels avec les auteurs des déclarations. Le diagnostic ainsi effectué permettra de définir un plan d’actions à mettre en œuvre au sein de l’entreprise pour réduire la fréquence et la gravité des accidents. 

Sensibiliser ses collaborateurs 

Les petites entreprises peuvent désigner parmi les salariés une personne-relais sur la prévention. Celle-ci est invitée à suivre une formation spécifique et peut ensuite imaginer un plan d’actions pour sensibiliser ses collaborateurs à la question. Les plus grandes entreprises peuvent, quant à elles, faire appel à des organismes de formation spécialisés. La plupart de ces stages combinent théorie et pratique selon différents scenarii de situation de circulation routière, voire des versions adaptées aux besoins spécifiques de l’entreprise cliente (véhicules légers, véhicules utilitaires, petits poids lourds, etc.). 

Capitaliser sur les équipements d’aide à la conduite 

  • Le régulateur de vitesse : ce système qui permet de bloquer votre vitesse sur un chiffre décidé par le conducteur permet surtout au conducteur de rouler de manière plus reposante sur l’autoroute (son utilisation est tout à fait exclue en ville). 
  • Le limitateur de vitesse : ce système fixe une vitesse maximale pour le véhicule mais laisse au conducteur le soin de s’adapter au trafic. Un bon système pour éviter les excès de vitesse ! 
  • Le régulateur de vitesse adaptatif : ce système permet de fixer une distance limite de sécurité avec le véhicule précédent et d’en interdire le franchissement. Une alarme peut également être déclenchée, voire même activer les freins du véhicule.

 


Commentaires (3)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

  1. Cécile

    Est-il vrai qu’il est interdit de fumer au volant pour des raisons de sécurité ?

  2. Sophie Ropers

    Bonjour Cécile,
    En effet si le code de la Route ne prévoit pas clairement de sanctionner l’usage de la cigarette au volant, il stipule que : “tout conducteur doit se tenir constamment en état et en position d’exécuter commodément et sans délai toutes manœuvres qui lui incombent. Ses possibilités de mouvement et son champ de vision ne doivent pas être réduits par le nombre ou la position des passagers, par les objets transportés ou par l’apposition d’objets non transparents sur les vitres. Le fait, pour tout conducteur, de contrevenir aux dispositions ci-dessus est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la deuxième classe”. Ainsi, si fumer au volant n’est pas mentionné dans ces lignes, on comprend bien qu’un conducteur pourrait être sanctionné s’il a les mains occupées ! Bref, chère Cécile, non seulement fumer au volant est passable d’une amende de 35 euros, mais surtout c’est une habitude très mauvaise pour la santé ! Allez courage et abandonnez la cigarette ! 🙂

  3. Cécile

    Merci pour votre réponse !

Des idées d'article ?

Cet article vous a plu ?

Newsletter Pro-Moove

Chaque mois, recevez les nouveaux articles qui accompagnent votre mobilité

A voir aussi