Éléments stratégiques dans la politique de prévention des entreprises, les pneus prennent de plus en plus de poids dans les budgets flotte. Négligés et mal entretenus, ils sont souvent la cause de graves dommages matériels et humains. À l’inverse, bien utilisés, ils permettent de réduire la consommation de carburant et d’assurer la sécurité du véhicule. À vous de prendre en compte tous les paramètres en la matière pour optimiser votre flotte : choisir des pneus performants, suivre régulièrement ces équipements et faire adopter les bons comportements par les conducteurs.

Des fonctions essentielles

Seuls points de contact entre la route et le véhicule, les pneus jouent un rôle essentiel dans la sécurité et le confort de conduite. Souvent mal entretenus et sous-gonflés, les pneus méritent pourtant toute votre attention. 

Le pneu idéal est celui qui assure un excellent rendement kilométrique en réduisant la consommation de carburant, sans négliger la sécurité du véhicule. Responsables d’un accident sur neuf sur autoroutes (selon le Baromètre Pneumatiques), les pneus ont cependant un rôle indispensable dans le fonctionnement du véhicule.

Porter

Les pneus ont pour principale fonction de porter le véhicule et sa charge. Ils subissent donc les variations de ce poids lors des accélérations et freinages : cela représente un transfert de charge considérable atteignant jusqu’à 50 fois le poids du pneumatique.

Amortir

Grâce à leur souplesse et à une pression adéquate, les pneumatiques encaissent les déformations provoquées par les irrégularités de la route. Ils évitent aux occupants du véhicule de ressentir toutes les aspérités du sol.

Transmettre

Ils transmettent la puissance utile du moteur au véhicule ainsi que l’effort de freinage.

Guider

Chargés de maintenir le cap, les pneumatiques garantissent la stabilité de la trajectoire. Ils sont donc conçus pour supporter les efforts transversaux importants, sans que le véhicule ne dévie de sa direction.

Rouler

Ces équipements assurent un roulage régulier et sûr. Les derniers modèles s’efforcent également de réduire la résistance au roulement afin de limiter la consommation de carburant.

Durer

Le pneu garde au meilleur niveau ses performances pendant des millions de tours de roue. Son usure dépend des conditions d’usage (charge, vitesse, état de revêtement du sol, état du véhicule, style de conduite) mais surtout de la qualité du contact au sol, qui est liée à sa pression : à vérifier régulièrement !

Un point de contact vital

Sur chaque pneu, le contact avec le sol n’est pas plus grand qu’une carte postale. Or, c’est sur ce point de contact que se concentrent l’ensemble des forces en jeu. Mieux vaut donc que ce point de contact soit en bon état ! Pour s’en assurer, vérifiez régulièrement le gonflage et le degré d’usure de chaque pneu.

Le gonflage des pneus

Peu conscients des dangers qu’un pneu sous-gonflé provoque, de nombreux conducteurs omettent de vérifier régulièrement la pression de leurs pneus. À vous de sensibiliser vos conducteurs ! 

Selon le site de la Semaine du Pneu, proposé par le Syndicat des Professionnels du Pneu et l’Association Prévention Routière, « il est normal qu’un pneumatique se dégonfle naturellement, car la gomme qui le compose n’est pas totalement imperméable à l’air. Même sans rouler, un pneu peut perdre jusqu’à 0,1 bar par mois. Il est donc conseillé de vérifier la pression tous les 2 mois et surtout avant un long trajet. Sans oublier la roue de secours. » Une opération très simple, accessible à tous les conducteurs.

Des conditions de roulage pénalisantes

Un pneu sous-gonflé pénalise le conducteur, surtout si celui-ci est chargé et/ou conduit vite. Au-delà du risque bien connu d’éclatement, le pneu sous-gonflé modifie l’ensemble du comportement du véhicule :

  • il accroît la distance de freinage,
  • il réduit la maîtrise du véhicule,
  • il perd en adhérence…

Une consommation accrue

Le sous-gonflage entraîne l’augmentation de sa résistance au roulement et par conséquent la consommation de carburant du véhicule et une hausse de la consommation de carburant. Ainsi, selon l’ADEME, « un sous-gonflage de 0.5 bar, en plus d’être dangereux, représente 2,4 % de consommation supplémentaire, soit 33 € et 58 kg de CO2 par an.»

Vérifier la pression tous les mois

De façon naturelle, un pneu perd en moyenne 0,2 bar de pression par trimestre. Les spécialistes recommandent de vérifier la pression des pneus chaque mois – et avant un trajet à haute vitesse – sans oublier la roue de secours. L’idéal est de posséder un manomètre (surtout si vous n’êtes pas à proximité d’une station-service).

Un bon dosage

Voici les règles à suivre :

  • Pour connaître la pression indiquée pour vos pneus, reportez-vous au manuel d’entretien ou à la plaque d’informations située en général sur le montant de la portière du conducteur.
  • Procédez à la vérification sur des pneus froids pour ne pas fausser la mesure.
  • Attention à la charge totale du véhicule, qui fera varier la pression.
  • Evitez le sur-gonflage. Il diminue la surface de contact entre le pneu et le sol et provoque la diminution de l’adhérence, de la stabilité et l’usure prématurée de la bande de roulement.

A savoir : une perte continue de pression peut être le signe d’une crevaison ou d’un mauvais montage du pneu.

Le DDS

Chez Continental, il existe un système de mesure qui signale au conducteur les baisses de pressions repérées dans les pneus. Les données sont fournies par des capteurs de vitesse situées sur les roues : la perte de pression change en effet le diamètre de la roue et engendre une altération spécifique du signal de vitesse. Continental fournit un module (ou logiciel) qui s’intègre au programme du système électronique embarqué.

L’usure des pneumatiques

Selon les habitudes de conduite de vos collaborateurs et de l’état des routes, les pneus s’usent plus ou moins vite. A vous de savoir, et de faire savoir, à quel moment les changer ! 

Mauvais gonflage, aspérités de la route, chocs, conduite nerveuse, défaut de parallélisme, usure naturelle… les causes d’usure des pneus sont variées. Or, rouler avec des pneus fatigués augmente les risques d’accident et expose le conducteur à une contravention de 4e classe (amende de 135 €) ainsi qu’à l’immobilisation du véhicule.

Les témoins d’usure

Situés au fond de la rainure centrale de la bande de roulement, ils permettent de contrôler l’état du pneu. Ces blocs de gomme ont une épaisseur de 1,6 mm (4 mm pour les pneus hiver). Lorsque la hauteur du pneu arrive au niveau de cette bosse, il doit être changé. Au delà, le conducteur est en infraction.

Les usures irrégulières

Si vous constatez des usures irrégulières ou des craquelures trop importantes sur les flancs, faites vérifier l’équilibrage et le parallélisme des roues.

  • L’équilibrage indique la bonne répartition du poids de l’ensemble pneu/jante. Il supprime les vibrations retransmises dans le volant et évite l’usure prématurée des pneumatiques.
  • Vérifiez aussi le parallélisme des trains avant et arrière ainsi que la géométrie du véhicule (pincement, carrossage, chasse) qui perturbe la tenue de route et la direction.

Changer ses pneus : ce qu’il faut savoir

  • Un pneu doit être changé au moins tous les 10 ans.
  • Fiez-vous aux recommandations du constructeur pour le choix des pneus.
  • Si vous devez changer un seul pneu, remplacez-le impérativement par le même type de pneu (marque, structure, dimension, indice de capacité de charge, code de vitesse).
  • Montez les pneus neufs à l’arrière, car le conducteur a une meilleure maîtrise de l’essieu avant (sur une traction avant) par son action sur le volant.
  • Un changement de pneu implique également de renouveler les valves.

Et les pneus des poids lourds ?

Le bon entretien est aussi une clé de la rentabilité d’une flotte poids lourds. L’immobilisation de ces véhicules est encore plus coûteuse que celle de véhicules légers, plus facilement remplaçables.

Plusieurs opérations spécifiques contribuent à prolonger la durée de vie des pneus poids lourds :

  • le recreusage, qui consiste à recréer la sculpture d’origine,
  • le rechapage, par lequel on remplace la bande de roulement,
  • le retour sur jante, où l’on retourne le pneu en cas d’usure extérieure.

Les innovations pneumatiques

Pour améliorer la performance des pneus, les ingénieurs se concentrent sur l’augmentation du rendement kilométrique et la diminution de la résistance au roulement : deux attentes familières au gestionnaire de flotte qui souhaite maîtriser son budget et limiter l’immobilisation de ses véhicules. 

Pour rendre les VUL de plus en plus sûrs, confortables et performants, les manufacturiers ont fait évoluer la technologie du pneu. Ces derniers ont gagné en résistance au roulement et ont perdu du poids pour réduire la consommation de carburant. Côté matériau, le marché propose des pneumatiques composés de carcasses en acier plutôt qu’en polyester ou rayonne…

Pneus « basse consommation »

Depuis le 1er novembre 2012, une étiquette énergétique apposée aux pneumatiques de classe C1, C2 et C3 (équipant automobiles, utilitaires légers et utilitaires lourds), viendra classifier leurs performances, sur une échelle de A à G (du plus performant au moins performant), en tenant compte de leur impact sur la consommation de carburant du véhicule.

Pour répondre à cette réglementation, de nombreux manufacturiers ont travaillé sur des pneus « basse consommation ». L’objectif : diminuer la résistance au roulement du pneumatique (sollicitant une grande partie de l’énergie produite par le moteur) tout en préservant la tenue de route et les distances de freinage. Les recherches avancent et ont jusqu’ici donné naissance à deux technologies permettant de réduire la consommation du véhicule : le remplacement du noir de carbone par d’autres matériaux (comme la silice) et l’allègement des pneumatiques. Avec l’entrée en vigueur de la loi au 1er novembre 2012, de nouvelles innovations devraient voir le jour…

Pneus hiver

De plus en plus performants, ces pneus sont peu utilisés et souvent confondus avec les pneus neige. Or, ils s’utilisent dès que la température extérieure est inférieure à 7° C. En dessous de ce seuil, à 50 km/h, la distance de freinage d’un pneu hiver est plus courte de 10 mètres par rapport à celle d’un pneumatique classique. Côté prix, comptez un surcoût de 5 à 10 %. Sur 6 ans, cette différence est minime si le véhicule adopte un train de pneu hiver et un train de pneu été en lieu et place de deux trains de pneus été.

Pneus intelligents

Chez Continental, on propose des pneus « intelligents », équipés de capteurs intégrés, qui déterminent :

  • l’état du sol (taux d’humidité, présence de glace…),
  • la charge de la roue,
  • la déformation du pneu en temps réel.

Ces données enrichissent le système de réglage électronique des véhicules comme le freinage ou l’indication d’une surcharge.

Les pneus sans air

Des pneus qui ne nécessitent pas d’entretien et qui ne pourraient pas crever ? C’est possible… Voici deux produits en cours de développement :

  • Michelin Tweel : une roue non pneumatique, sans air, constituée d’une bande de roulement en caoutchouc reliée au moyeu par des rayons flexibles. La roue et le pneu ne font plus qu’un : le tweel. Actuellement développé pour les petits engins de génie civil et des véhicules militaires, il faut patienter encore pour les voitures particulières !
  • Michelin Airless : cette roue se compose d’une structure radiale réalisée avec des matériaux composites sur laquelle est collée une bande de roulement en caoutchouc (sel entretien : le rechapage). La structure radiale est conçue pour durer autant d’années que le véhicule.

Les pneus verts

Lancés en 1990, les pneus verts sont conçus pour augmenter la rentabilité kilométrique, la sécurité et l’émission de bruit, tout en respectant l’environnement :

  • une durée de vie supérieure de 15 000 km,
  • une économie de 40 litres de carburants,
  • une économie de 100 kg de CO2 (avec une moyenne de 150 kg au kilomètre),
  • une distance de freinage plus courte (sur sol mouillé, à 80 km/h, la distance de freinage d’un pneu vert est réduite de 4 mètres),
  • un bruit de roulement réduit.

Des pneus verts et économes chez Michelin

Pour vous permettre de vous déplacer mieux, de façon plus économe et écologique, les équipes de la Recherche et du Développement de Michelin, ont travaillé sur plusieurs aspects du pneumatique :

  • la réduction de la masse pour éviter les risques de surchauffe et de déformation du pneu. Ce dernier est ainsi passé de 12 kg il y a 15 ans à 9 kg aujourd’hui,
  • la composition des matériaux : remplacement de 20 %, 30 %, 50 % puis de la quasi-totalité (Michelin Energy Saver) du noir de carbone de la bande de roulement par de la silice. Ce matériau limite l’échauffement du pneu et améliore son efficacité énergétique.

Aujourd’hui, les pneus verts et économes de chez Michelin sont identifiables par le label GREEN X. Ces équipements :

  • permettent à l’automobiliste de réaliser des économies directes sur sa consommation de carburant tout en réduisant les émissions de CO2.
  • bénéficient d’une longévité exceptionnelle,
  • sont la promesse d’une sécurité accrue.

 

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