Lors de la signature d’un contrat de location longue durée (LLD), le gestionnaire de flotte s’accorde avec le loueur sur la valeur résiduelle du véhicule proposé. Cette évaluation sur la revente à la fin du contrat est déterminante pour fixer le prix du loyer. Une donnée primordiale dans le choix du véhicule. Ses équipements, sa motorisation ou le modèle lui-même vont faire varier le coût en fonction de sa valeur anticipée plusieurs mois plus tard. Explications d’un mécanisme essentiel pour le Total Cost of Ownership (TCO) des parcs d’entreprise.

Calcul de la valeur résiduelle d’un véhicule

Estimer la valeur résiduelle d’un véhicule est affaire d’expérience, mais aussi de flair… Car anticiper trois ou quatre ans avant la fin d’une location le montant qui pourra être récupéré à la vente n’est pas chose aisée. De nombreux critères peuvent apporter des pistes : quels équipements ? Quel usage ? Quel contexte économique ? 

Les critères pris en compte

La valeur résiduelle est l’estimation par le loueur de la valeur à la revente du véhicule, sur le marché de l’occasion, à la fin du contrat de location. Elle est fixée au début de cette dernière, en accord avec le gestionnaire de flotte, et influence le coût des loyers. La valeur résiduelle est déterminée en fonction de plusieurs critères :

  • la marque du véhicule : la notoriété, le réseau, le SAV…
  • le modèle : la réputation, la fiabilité, la finition, le design, la motorisation, la puissance, la période de remplacement de la gamme…
  • l’équipement : aides à la conduite, phares au xénon…
  • les options : toit ouvrant, peinture métallisée, climatisation, intérieur cuir…
  • le kilométrage : estimé en fonction de l’activité des collaborateurs de l’entreprise,
  • la situation économique générale : taux de chômage, prix des carburants, évolution du pouvoir d’achat des ménages…

Comment optimiser la valeur résiduelle d’un véhicule ?

Difficile ainsi d’apprécier précisément la valeur qu’aura le véhicule trois ou quatre ans plus tard. D’autant que les effets de mode vont de plus en plus vite aujourd’hui et que le marché de l’occasion est très sensible. La cohérence d’un modèle, entre sa catégorie et le niveau d’équipement par exemple, est importante dans cette évaluation et permet de définir des bases de calcul. Les experts de ce type de transaction reconnaissent que les options ne doivent pas dépasser 15 % du prix total du véhicule pour être intéressantes à la revente. Mais la décision finale reste subjective, car malgré les différents éléments qui permettent de trouver un juste prix, connaître à l’avance la durée du cycle de vie d’un véhicule est impossible. Pour le loueur, sous-estimer la valeur résiduelle du véhicule aura pour conséquence d’augmenter les loyers et il sera ainsi potentiellement moins compétitif. Inversement, la surévaluer pourra offrir des opportunités puisque les gestionnaires se verront proposer des loyers attractifs. Pour le prestataire, le risque est grand et le calcul au plus juste de la valeur résiduelle est primordial dans sa réussite.

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Son impact sur le montant du loyer

Les gestionnaires de flotte ont aussi des intérêts dans le calcul de la valeur résiduelle, car de celle-ci va découler le montant du loyer qui sera proposé par le prestataire. Si les choix sont libres pour constituer le parc automobile de votre société, n’hésitez pas tout de même à vous pencher sur les offres les plus intéressantes. 

Part de la valeur résiduelle sur le montant du loyer de location

La valeur résiduelle est calculée lors de la signature d’un contrat de location longue durée (LLD). Pour le gestionnaire du parc automobile, elle va donc être importante car elle modifie le montant du loyer. Ainsi, si le véhicule est considéré comme facile à revendre dans le futur, il sera plus aisé de négocier un prix de location raisonnable, puisque la marge du prestataire sera normalement réalisée lors de cette vente avantageuse. Une voiture relativement onéreuse au prix du neuf ne sera pas forcément plus chère à louer, car elle sera potentiellement mieux cotée qu’un véhicule bon marché, beaucoup moins recherché sur le marché de l’occasion. Les voitures hybrides sont particulièrement valorisées, puisque les loueurs anticipent un marché de plus en plus favorable pour ce type de motorisation.

Louer intelligemment

Pour le gestionnaire de flotte, les offres qui lui parviennent sont donc en théorie davantage intéressantes sur des véhicules dont le potentiel de revente est fort, c’est-à-dire que leur dépréciation est considérée comme lente. Afin d’optimiser ses dépenses, il est donc conseillé de choisir des modèles équipés d’options vraiment utiles et recherchées sur le marché de l’occasion. Les véhicules en fin de série sont à éviter, car leur valeur résiduelle sera logiquement plus faible, faisant ainsi monter la note pour le gestionnaire qui devra compenser le risque pris par le prestataire.

Le contrat de LLD

Le loyer du contrat de location longue durée prend en compte la valeur résiduelle, mais également différentes remises et le taux de placement. Le montant peut être changé périodiquement, en prenant en compte le kilométrage ou les écarts entre dépenses réelles et provisions. La différence entre le prix de vente réel et la valeur résiduelle peut aussi engendrer une adaptation du loyer.

Autre possibilité, le gestionnaire de flotte peut choisir de devenir propriétaire du véhicule à la fin du contrat de location. Il devra alors payer la valeur résiduelle estimée au départ. Le dépôt de garantie versé est alors déduit de l’acte de vente.

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Une source de tensions entre loueurs et gestionnaires

Dans un contexte économique tendu, les rapports de force dans les négociations sont forcément plus complexes. Les loueurs et les gestionnaires de flotte vont devoir s’accorder sur les loyers, mais avec des valeurs résiduelles de plus en plus incertaines, les conditions des contrats sont davantage restrictives.

Diversifier les marques des véhicules de votre flotte

Le risque est pris par le loueur. Le gestionnaire du parc n’a pas à assumer la surévaluation de la valeur résiduelle. Si le modèle choisi en contrat de LLD perd subitement en valeur, du fait d’une mode passée trop vite, de problèmes de fiabilité inconnus lors de la signature de l’accord ou d’un contexte économique négatif pour la marque, le loyer n’augmente pas pour autant et ce sera au prestataire d’être confronté à des difficultés lors de la vente du véhicule. Diversifier les marques des voitures de la flotte est une solution rassurante pour les professionnels de la location, qui encouragent cette démarche.

Bien définir les conditions de la location

Dans le contexte économique actuel, très tendu, les loueurs cherchent à réduire ce risque. Les contrats prévoient de ce fait que le véhicule soit rendu en parfait état et que l’utilisation qui en est faite ne sorte pas de ce qui a été défini au préalable. Un kilométrage inférieur ou supérieur à l’accord initial peut engendrer un réajustement du loyer. Si le véhicule est lourdement endommagé, la charge revient au gestionnaire afin de compenser la moins-value lors de la revente. Les petits accrocs, normaux lors d’une utilisation régulière d’un véhicule, sont généralement assurés.


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